Feminist Dialogues  

Women and Social and Environmental Justice
Vol. 31, Nos. 1,2

Guest edited by: Leigh Brownhill, Ana Isla and Sujata Thapa-Bhattarai

ORDER

Editorial/Éditorial

by Leigh Brownhill, Ana Isla and Sujata Thapa-Bhattarai

The purpose of this issue is to discuss how the current state of global social and environmental crises came about, and how they are debated and acted upon, in academia and in social and environmental justice movements.

Climate change is a defining moment in the centuries-long clash between, on the one hand, a capitalist system exploiting nature for the endless economic growth of the increasingly few, and on the other hand, the diverse peoples who see the Earth’s ecosystem as a source of livelihoods for all and as a site of cultural values. The scientific consensus is that the burning of fossil fuels during the last 180 years is the principal anthropocentric source of the rise of average global temperatures. As a result of persistently increasing emissions of greenhouse gases, changes to the Earth’s physical, chemical and biological processes are evident everywhere. Climate change and extreme weather are exacerbating existing social inequalities and political conflicts globally. Environmental and social justice organizations increasingly recognize what ecofeminists have long argued, that social justice cannot exist without environmental justice, and vice versa. Climate justice is the starting point from which we can begin to build the kind of local and international solidarity that is needed to address climate change and transform the socio-economic hierarchies that caused it.

In this issue, the objectives are manifold: the exchange of ideas between and among women, feminists of all genders, and wider communities; the revitalization of local knowledge systems and the building up of local pride in and knowledge and networks supporting such systems. It features articles written from the experiences and perspectives of women. These are women from all walks of life, including farmers and peasants, researchers and academics, witnessing and confronting in their own skins how the social and ecological crises unfold. The articles address various forms of violence that the human species and non-human species are currently confronting, and the organizing that women do to stop this violence.

The issue is divided into four sections. Articles in the first section explore ecofeminism by showing how the exploitation of women and nature are interconnected. Authors examine the destructive tendencies of the patriarchal capitalist global politics of homogenization, fragmentation (necrophilia) and colonization. But the articles herein also offer the reconstruction of life-affirming paradigms and a politics of daily life, such as the subsistence perspective, as forms of resistance and liberation within academia and within the limits of nature.

The second section considers climate change, health and environmental justice. Articles highlight the fallacies, contradictions and problems with payments for ecosystem services and carbon capture schemes designed to reduce greenhouse gas emissions. The section analyses people’s summits and street protests challenging United Nations (cop 20) power structures. Authors in this section centre their work around concepts including environmental justice, environmental racism, indigenous territorial rights, and biopiracy.

The third section addresses topics of transnational and intersectional feminisms, land rights, and food sovereignty. Articles emphasize the importance of intersectional framings and transnational feminist movements for the alliance-building processes that are central to land and food movements in Africa and globally. Authors here detail women’s significance within struggles for human rights, land and food, in the face of growing political and environmental crisis. It includes a focus on the creative force of ecofeminist agroecology, which replaces hierarchical with horizontal gendered and generational relations, as a means of transforming the social relations and ecological results of food production, consumption and exchange.

The last section addresses geo-engineering as a false solution to climate change. Currently, geoengineering is threatening not only human life on earth, but the earth itself and all her“living systems.” The section exposes and critiques capital’s new technological ability to ‘weaponize’ and otherwise influence macro systems of the climate itself, including ocean currents, temperatures, humidity, droughts, the atmosphere, and more. It also reveals some of the destruction that has already taken place. Geo-engineering does nothing to change the causes of climate change, which is created in the capitalist mode of production, but is a convenient means of militarily maintaining “business as usual” and concentrating corporate profits.

In all, this special issue seeks in many different ways to respond to the negative effects of capitalism on our changing climate and global political economy. Authors engage with ideas and actors seeking locally-controlled solutions, where communities are not dependent on producing either for trade or for export, but for sustenance which must be the organizing priority of our social arrangements, now and evermore so for a future of social and climate justice.

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Le but de ce numéro est de découvrir la genèse des crises sociales et environnementales actuelles, comment on les a débattues et comment les milieux scientifiques et les mouvements sociaux ont réagi.

Depuis des siècles les changements climatiques ont entretenu des conflits, d’ une part entre un système capitaliste qui surexploite la croissance économique en favorisant les quelques rares élus et d’autre part, les différents pays qui voient dans l’écosystème sur Terre l ‘assurance de leur gagne-pain et de leurs valeurs culturelles. Le consensus scientifique dit que le fait d’avoir surexploité la combustion des fossiles depuis 180 ans a largement contribué à l’anthropocentrisme qui a haussé la moyenne de la température mondiale causant des gaz à effets de serre qui ont contribué aux changements physiques, climatiques et biologiques Les changements climatiques et les températures extrêmes ont exacerbé les inégalités sociales existantes et les conflits politiques dans le monde. Les organismes préoccupés par la justice et l’environnement reconnaissent de plus en plus ce que les écoféministes ont toujours proclamé: la justice sociale ne peut exister sans la justice environnementale et vice versa. La justice climatique est le point de départ de l’élaboration d’une solidarité locale et internationale nécessaire aux changements climatiques et transformer les hiérarchies socio-économiques qui les ont causés.

Dans ce numéro les objectifs sont multiples : il s’agit d’un échange d’idées entre les féministes de toute catégorie et les autres communautés; la revitalisation des systèmes de connaissances locales vers une fierté née de ces connaissance sans oublier les réseaux qui supportent ces systèmes. Vous lirez dans ce numéro les expériences et les perspectives de ces femmes, des fermières, des paysannes, des chercheures, des universitaires qui à chaque étape de leur vie ont vécu intimement l’évolution des crises sociales et écologiques. Certains articles abordent les différentes formes de violence que les humains et les non-humains ont subi et ce que les femmes ont organisé pour contrer cette violence.

Nous avons divisé ce numéro des Cahiers en quatre sections. Les textes de la première section explorent l’écoféminisme et démontre que l’exploitation des femmes et de la nature est interreliée. Les auteures examinent les tendances destructrices des politiques globales du capitalisme patriarcal, de l’homogénéisation, de la fragmentation, (nécrophilie) et de la colonisation. De plus, ces articles inspirés par des universitaires proposent des pistes et des politiques pour mieux vive au quotidien, pour subsister et résister, pour parvenir à leur autonomie à l’intérieur des limites naturelles.

La deuxième section considère les changements climatiques, la santé et la justice environnementale. Les textes dénoncent les faussetés, les contradictions et les problèmes de paiements dans les services des écosystèmes sensés réduire l’empreinte du carbone et les émissions de gaz è effets de serres. Cette section analyse les Sommets des peuples et les protestations venant de la rue qui défient les structures du pouvoir des nu (cop 20). Les auteures de cette section ont axé leur travail sur des concepts qui incluent une justice environnementale, le racisme environnemental, les droits environnementaux des autochtones et la ‘’biopiracy’’

La troisième section traite des féminismes transnationaux et intersectoriels, des droits territoriaux et de la souveraineté de l’alimentation. Les textes appuient l’importance d’encadrer les mouvements féministes transnationaux et intersectoriels qui favorisent la construction d’alliances indispensables aux mouvements de la terre et à l’alimentation en Afrique et dans le monde.

Les auteures attestent de la présence des femmes dans les luttes pour les droits humains, du territoire et de la nourriture face à la prolifération des crises politiques et environnementales. Elles mettent l’accent sur la force créatrice de l’agroécologie féministe qui remplace la hiérarchie par des relations horizontales genrées et générationnelles qui transforment les relations sociales et les résultats écologiques de la production alimentaire, de la consommation et de l’échange.

La dernière section dénonce la géo-ingénierie comme une fausse solutions aux changements climatiques. Actuellement la géo-ingénierie est néfaste non seulement à la vie sur terre mais à la terre elle-même et à tous les organismes vivants. Cette section expose et critique l’habileté des nouvelles technologies qui outillent ou qui influencent les macro- systèmes du climat lui-même , tels les courants marins, la température, les pluies, la sècheresse, l’atmosphère et tant d’autres, en plus de révéler des aspects destructeurs 1déjà installés. La géo-ingénierie ne fait rien pour agir sur les changements climatiques créés sur le mode capitaliste, mais c’est un bon moyen pour maintenir militairement le statu quo et concentrer les profits corporatifs.

Pour résumer, ce numéro spécial des Cahiers cherche des façons différentes de réagir aux effets négatifs du capitalisme sur les changements climatiques et sur l’économie politique mondiale. Les auteures ont réfléchi, et les agents cherchent des solutions locales, où les communautés ne seront pas dépendantes du commerce ou de l’exportation mais auront priorisé leur production en fonction de leurs besoins actuels ainsi que pour l’avenir d’un climat social plus juste.